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March 9, 2026

Conneqtr (Lauréat du Smart Solution Award 2025): "Nous protégeons et accompagnons aussi bien les grands que les petits entrepreneurs."

Texte: Koen Lauwereyns

Publié par: Bouwkroniek (Bouwkroniek)

Si la digitalisation fait souffler un vent nouveau dans le secteur de la construction, Conneqtr a sans aucun doute provoqué ces dernières années quelques rafales particulièrement marquantes. La scale-up technologique, spécialisée dans la digitalisation des processus administratifs et logistiques sur chantier, a connu un parcours remarquable. Il n’est donc pas surprenant que son CEO, Steven Everaert, ait été appelé sur scène lors des Belgian Construction Awards pour recevoir le Smart Solution Award ainsi que le prix du public.

"Nous avions déjà posé des bases solides, mais 2025 a marqué une vraie accélération. Nous avons réussi à convaincre d’autres acteurs majeurs du secteur de la valeur ajoutée de nos solutions : Jan De Nul, BESIX, Equans, Proximus… Nous en sommes évidemment très fiers. Pour des entreprises d’une telle envergure, confier leurs processus critiques à un acteur relativement nouveau n’a rien d’une évidence ... Cela se reflète dans l’élargissement significatif de notre équipe et dans une croissance de plus de 60 % de notre chiffre d’affaires.

Cela n’est possible que parce que nous disposons non seulement d’un bon produit, mais aussi parce que nous le mettons sur le marché de la bonne manière, avec un accompagnement complet du client, y compris l’onboarding et le suivi. Cette année, nous avons également obtenu la certification ISO 27001. Dans notre secteur, c’est la preuve ultime de fiabilité et de qualité. Oui, je pense que 2025 peut effectivement être qualifiée de " grand cru".

Vous attendiez-vous à une évolution aussi rapide? Le secteur de la construction n’est pas particulièrement connu pour adopter rapidement de nouvelles technologies.

“Lorsque nous avons déposé notre business plan chez le notaire, nous espérions évidemment un scénario comme celui-ci. Mais pour être honnête ? La réalité dépasse le plan. Nous ne nous attendions pas, par exemple, à ce que nos produits soient déjà aussi performants sur le plan fonctionnel qu’ils le sont aujourd’hui. Les connexions avec les systèmes de contrôle d’accès, les intégrations avec nos partenaires français et néerlandais… tout est presque devenu « plug and play », ce que nous n’aurions pas cru possible au départ.

L’expansion rapide de notre écosystème nous a également surpris. Nous comptons désormais environ 6 500 sous-traitants qui utilisent activement notre plateforme. Et ce qui me réjouit le plus, c’est que notre dépendance envers les « founding fathers » – les grands entrepreneurs qui ont cofondé l’entreprise – a fortement diminué. Alors qu’ils représentaient peut-être 80 % du chiffre d’affaires au début, ce chiffre est désormais tombé à moins de 20 %. Nous avons réussi à croître en dehors de ce groupe initial et à conquérir le marché plus largement. "

Maturité digitale

Faut-il en conclure que la maturité digitale dans le secteur de la construction a également progressé de manière générale au cours des cinq dernières années ?

“Absolument. Je pourrais très facilement pointer du doigt l’IA comme raison, mais je tiens à nuancer cela. L’IA a besoin de données, et les données nécessitent des structures logicielles capables de les générer. Ces cinq dernières années, le secteur de la construction s’est surtout consacré à poser ces fondations. Il y a cinq ans, beaucoup d’entreprises n’avaient pas encore fait de vrais choix concernant leurs systèmes ERP. Elles improvisaient ou étaient insatisfaites. Aujourd’hui, on voit que des solutions comme KPD ou Microsoft 365 Business Central prennent véritablement racine.

Il en va de même pour le BIM. Pendant longtemps, c’était surtout un mot à la mode, mais aujourd’hui, les entreprises investissent réellement dans des outils spécifiques. Et cela vaut également pour notre domaine : la digitalisation sur le chantier lui-même. Des blocs de logiciels apparaissent, permettant de générer des données structurées. Après l’ERP et le BIM, Conneqtr est souvent la troisième application importante sur le chantier.”

Faut-il comprendre qu’il a fallu atteindre une masse critique pour lancer le système?

"Exactement. Avec un SharePoint ou une farde papier, on ne peut pas entraîner de modèles d’IA. Il faut des données structurées. Aujourd’hui, le secteur est habitué à acheter des logiciels pour résoudre des problèmes opérationnels. Il y a cinq ans, ce n’était pas encore automatique. De plus, les équipes se sont renforcées. Autrefois, le budget informatique d’une entreprise de construction se limitait aux ordinateurs portables, aux licences et à maintenir le serveur en fonctionnement. Aujourd’hui, on voit apparaître des « digital officers », des chefs de projet digitaux, et même des chefs de chantier qui demandent eux-mêmes des outils. Les budgets se déplacent de l’infrastructure pure vers des logiciels qui améliorent les processus.

Comparé à d’autres industries dans lesquelles j’ai travaillé, la construction reste un secteur conservateur. Il faut du temps pour gagner la confiance. Ce qui est paradoxal, c’est que même si le secteur était encore loin derrière en matière de digitalisation il y a quelques années, les attentes étaient déjà extrêmement élevées. Cela rend la tâche très difficile pour une start-up. Dès le premier jour, il faut disposer d’un produit abouti qui résout un problème urgent. Si vous ne répondez pas immédiatement à ces attentes, vous n’avez aucune chance, peu importe la qualité de votre idée.

Pour nous, cette urgence existait, notamment à cause de la législation sur la responsabilité en chaîne et le système de check-in-at-work. Ce sont des problèmes très concrets auxquels toutes les entreprises du secteur sont confrontées. Mais nous n’y serions pas arrivés sans le soutien de la fédération sectorielle et des grands entrepreneurs, qui nous ont accordé le bénéfice du doute au début. Dans ce domaine, la crédibilité est cruciale."

Zen et Smooth

Vous proposez deux produits phares, Zen et Smooth. Qu’est-ce qui les caractérise vraiment?

"Le fil conducteur est l’efficacité pour la direction de chantier et la transparence pour le back-office. Avec Zen, nous nous concentrons sur la conformité sociale, la sécurité et une gestion fluide des sous-traitants. Pensez au Check-in-at-work, à la responsabilité en chaîne, aux déclarations Limosa pour les travailleurs étrangers et aux certificats de sécurité. Ce sont des sujets « chauds », car la législation dans ce domaine devient de plus en plus stricte. Autrefois, c’était le chef de chantier qui devait vérifier entre le béton et les grues que chaque ouvrier disposait des bons documents. Dans l’agitation actuelle d’un chantier, cela n’est tout simplement plus possible, surtout avec des chaînes complexes de sous-traitants et de travailleurs étrangers. Zen automatise ce processus. Nous permettons au chef de chantier d’être déchargé de cette tâche : il ou elle n’a plus besoin d’être un expert en législation sociale ou en règles exceptionnelles, le système s’en charge. Nous y associons également le contrôle d’accès, de sorte que vous soyez non seulement en ordre sur le plan administratif, mais que vous puissiez aussi, concrètement, empêcher l’accès au chantier aux personnes non autorisées."

Et Smooth?

“Avec Smooth, nous digitalisons le flux de matériaux. Tout le monde connaît la situation : les bons de livraison froissés qui se perdent dans la camionnette ou tombent dans la boue. Smooth permet aux fournisseurs de livrer de manière digitale ou de scanner et traiter les bons via l’IA. Là encore, nous déchargeons le chef de chantier d’une partie du travail : plus de saisie manuelle, plus de flux d’approbation interminables. En back-office, nous faisons correspondre ces données avec le bon de commande et la facture dans le système ERP. Cela permet un gain de temps énorme et une traçabilité complète.”

Pouvez-vous rendre cela plus concret?

“Nous estimons souvent le gain à environ une heure par jour et par chef de chantier. Cela peut sembler beaucoup, mais dans les grands chantiers à Bruxelles, il arrivait parfois que deux heures par jour soient consacrées au contrôle des équipes arrivantes, donc c’est une estimation réaliste. Mais le gain ne se mesure pas seulement en temps. Il s’agit aussi d’éviter des amendes et des coûts juridiques. Si votre administration n’est pas en ordre lors d’un contrôle social, les montants peuvent être très élevés. Sans parler des dommages liés à la réputation. Avec Smooth, c’est la même logique : auparavant, un bon de livraison passait entre dix et quinze mains avant d’être traité. Aujourd’hui, il suffit de le scanner, et c’est réglé. Intégrer ce processus rapporte bien plus que la simple heure économisée sur le chantier."

L’écosystème et le rôle du sous-traitant

On entend souvent dire que la digitalisation pénalise le petit entrepreneur : les grandes entreprises imposent leur système, et le petit indépendant doit s’adapter.

“Encore un nouveau système à utiliser?" Il est logique qu’un entrepreneur principal veuille rationaliser son processus, mais nous avons rapidement compris que le système ne fonctionnerait que si le sous-traitant en tirait également un avantage. Nous avons écouté leurs frustrations, et la plainte la plus fréquente était: "Pour chaque entrepreneur principal, je dois à chaque fois télécharger les mêmes documents dans un autre portail.”

"C’est pourquoi nous avons conçu Zen de façon à ce que le sous-traitant dispose de son propre « coffre-fort ». Il télécharge une seule fois ses documents — cartes d’identité, attestations A1, certificats de sécurité — dans sa propre structure. Ensuite, lorsqu’il travaille pour l’entrepreneur principal A, B ou C, il peut partager automatiquement ces données, avec son accord bien sûr. Le résultat : les sous-traitants deviennent eux-mêmes demandeurs. Ils voient que leur administration est réglée plus rapidement et que leurs factures sont payées plus vite. Car beaucoup d’entrepreneurs principaux bloquent les paiements tant que les documents sociaux ne sont pas en ordre. Avec Zen, ce blocage disparaît. Notre modèle économique est basé sur l’utilisation, il fonctionne donc aussi bien pour une entreprise de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires que pour un géant comme BESIX. Même les petites entreprises qui sont aujourd’hui entrepreneurs principaux adhèrent, car elles voient que cela les protège et les décharge."

Le chantier du siècle

Toujours en matière de grands chantiers, même le «chantier du siècle» a fait appel à vous.

“C’est une belle référence. Il y a un an et demi, nous n’aurions jamais osé rêver de jouer un rôle sur Oosterweel. Ils utilisaient déjà un système, mais n’en étaient pas satisfaits. Nous sommes intervenus dans ce processus et, aujourd’hui, nous accompagnons tous les consortiums et toutes les sous-sections du chantier Oosterweel : ROCO, Rinkoniën, Ocotech… C’est un projet d’une complexité sans précédent. Lors des pics, plus de 2 000 personnes s’enregistrent chaque jour. Cela exige énormément du logiciel : rapidité, stabilité, intégration avec des systèmes de contrôle d’accès complexes. Le fait que nous soyons capables de gérer cela donne une confiance énorme à nos clients… et à nous-mêmes.

Quand je traverse le ring d’Anvers et que je vois toute cette activité, je suis vraiment fier que nous puissions y contribuer. Cela prouve aussi que nous sommes à l’aise avec la complexité. Qu’il s’agisse d’un défi technique ou du volume de données, nous avons démontré que nous pouvons y faire face."

Sécurité et protection des données en entreprise

Avec autant de données, allant des informations personnelles aux détails du chantier, la sécurité devient cruciale. Comment garantissez-vous la protection de ces données?

“Si nous faisons des erreurs à ce niveau, c’est la fin de l’histoire. C’est pourquoi nous avons mis l’accent sur la sécurité dès le premier jour. Nous travaillons avec des accords stricts de traitement des données. Cela signifie que le client reste propriétaire des données ; nous ne sommes que le sous-traitant et nous ne revendons jamais de données. De plus, nous faisons réaliser chaque année des tests d’intrusion (« pen tests ») par des parties externes afin de détecter les vulnérabilités. Le point d’orgue de notre travail est notre certification ISO 27001, obtenue mi-2025. Cela va au-delà des simples outils ; il s’agit des processus, de la manière dont on gère les incidents. À l’avenir, de grands acteurs comme Equans ou Jan De Nul exigeront cela de tous les fournisseurs de logiciels, et l’Europe soutient ce mouvement par une réglementation plus stricte. Mais comme la faiblesse se trouve souvent du côté humain, nous utilisons un « single sign-on », une méthode d’authentification qui permet aux utilisateurs d’accéder en toute sécurité à plusieurs applications avec un seul jeu d’identifiants. De plus, nous prévoyons une gestion des rôles très stricte. Par exemple, un chef de chantier ne voit pas directement la pièce d’identité, mais reçoit uniquement un indicateur vert lorsque celle-ci est en ordre."

Pourtant, certains continuent de craindre le «Big Brother»

“Nous ne surveillons pas la productivité et nous ne suivons pas les déplacements individuels sur le chantier. Ce que nous faisons, c’est appliquer un cadre légal établi en concertation avec les employeurs et les syndicats. Le système Check-in-at-work vise à lutter contre la fraude sociale et à protéger le travailleur. Il garantit une concurrence loyale et un emploi régulier. Lorsque nous vérifions si quelqu’un dispose d’un certificat A1 ou d’un permis de séjour, c’est pour éviter que des personnes soient employées illégalement ou exploitées dans des montages fictifs. Bientôt, une obligation de check-out pourrait également être mise en place ; mais cela reste un moyen de contrôler le respect des horaires de travail et des règles de sécurité. Cela protège le travailleur belge ainsi que le travailleur étranger. Pensez au chantier d’Oosterweel, où des sous-traitants de 78 nationalités sont actifs. Dans un environnement aussi complexe et international, transparence et efficacité sont indispensables, mais elles restent tout aussi nécessaires dans des projets moins complexes.”

Au-delà des frontières

Que réserve l’avenir ?

“ Nous souhaitons continuer à renforcer notre position de  «  smart leadership » en Belgique. Il reste encore beaucoup de potentiel sur le marché domestique, tant auprès des grandes entreprises qui ne sont pas encore entièrement digitalisées que sur l’ensemble du marché. Nous restons fidèles au secteur de la construction, car c’est là que réside notre force. Parallèlement, nous regardons prudemment au-delà des frontières. L’internationalisation est déjà de facto en place, car de nombreux utilisateurs de notre plateforme sont des sous-traitants étrangers. Mais nous évaluons actuellement si nous allons franchir activement le pas vers les Pays-Bas, l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Nous n’allons pas jouer les « cowboys » en essayant de conquérir 25 pays d’un coup avec des millions en capital-risque. Cela ne correspond pas au secteur de la construction. Nous procédons étape par étape, via des partenariats et en suivant nos clients."

Regardez-vous également vers d’autres secteurs?

“Nous constatons un intérêt dans l’industrie, notamment pour de grands projets impliquant beaucoup de main-d’œuvre temporaire. Pensez à la construction de grandes usines, comme récemment deux verreries à Lommel. On y retrouve exactement les mêmes défis : de nombreux sous-traitants externes, un contrôle d’accès complexe, un besoin de conformité. Nous pouvons parfaitement y appliquer notre solution sans perdre notre focus. J’espère également que nous pourrons continuer à innover, par exemple avec une troisième application pour la gestion du matériel. Mais, dans quelques années, je souhaite surtout pouvoir démontrer que nous avons tenu notre promesse d’efficacité et de transparence pour l’ensemble du secteur, du plus grand chantier à Anvers au petit entrepreneur en province."

Steven Everaert

CEO chez Conneqtr

"Oosterweel est une belle référence. Il y a un an et demi, nous n’aurions jamais osé rêver de jouer un rôle sur Oosterweel."

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